Chez nous, les pantalons ne meurent pas de vieillesse. Ils meurent aux genoux, quelque part entre la cour de récré et le toboggan.

Et quand les genoux tiennent, c’est la longueur qui lâche : le jean du dimanche découvre les chevilles d’un mois sur l’autre.
Je ne sais pas coudre, ou si peu. Alors j’ai cherché des solutions sans machine, rapides, et au pire avec une aiguille.
Pourquoi ça casse toujours aux genoux ?
Parce que c’est l’endroit qui travaille le plus. Le genou plie à chaque pas, et il frotte par terre à chaque glissade ou partie de petites voitures.
Le tissu s’amincit d’abord, puis il cède. Si vous voyez la lumière à travers le genou, le trou arrive.
Le patch au fer, la solution la plus simple
Le patch thermocollant est une pièce de tissu avec une colle au dos qui fond sous le fer. On le pose sur le trou, côté extérieur du pantalon.
Avant tout, un coup d’œil à l’étiquette du vêtement. Le fer dessiné dessus, avec ses points, dit jusqu’où on peut chauffer : s’il est barré, pas de patch au fer.
Pour le bon geste, je suis tombée sur les tutos de Belle Bobine, et j’ai noté l’essentiel :
- Un pantalon propre et sec, et les fils qui dépassent du trou coupés au ras.
- Un patch qui couvre tout le trou, avec quelques millimètres à un centimètre de marge. Si vous le découpez vous-même, arrondissez les angles : il se décollera moins.
- Du papier cuisson ou un torchon fin entre le fer et le patch, et la vapeur coupée.
- Le fer réglé comme le demande l’emballage du patch, sans dépasser ce qu’autorise l’étiquette du vêtement.
- Le fer posé sans le faire glisser, en appuyant bien, 20 à 30 secondes.
- Puis on retourne le pantalon et on repasse la même zone par l’intérieur, pour chauffer la colle des deux côtés.
Ensuite, on laisse refroidir et on attend 24 à 48 heures avant de laver. Au lavage, je retourne le pantalon, je reste à 30 degrés et j’oublie le sèche-linge.
Le fer, c’est mon travail, pas celui de mon fils. Lui, il choisit le patch : dinosaure, fusée ou simple carré bleu, et il le porte avec beaucoup plus de fierté.
Le patch tient-il vraiment sur un genou ?
Moins bien qu’on l’espère s’il est seulement collé. Un genou plie et frotte toute la journée, et la colle finit par lâcher au fil des lavages.
La parade demande cinq minutes et une aiguille : quelques points tout autour du patch, juste au bord. Même irréguliers, ils soulagent la colle.
Glissez d’abord un carton ou un magazine dans la jambe. Sur un petit pantalon, on a vite fait de coudre le devant et le derrière ensemble, j’en sais quelque chose.
Attention aux joggings techniques et à la polaire
Un jogging de sport en synthétique, une polaire ou un pantalon en nylon ne supportent pas un fer chaud. Leur étiquette le dit souvent : un ou deux points dans le fer, ou un fer barré.
Sur ces matières, je prends un patch à coudre. Ou je confie le pantalon à un pro.
Renforcer avant le trou, ça marche ?
Oui, et c’est mon geste préféré. Quand le genou devient fin, je colle une pièce thermocollante unie à l’intérieur du pantalon, contre l’envers du genou.
Le geste est le même que pour le patch : pantalon retourné, côté colle contre le tissu, papier cuisson par-dessus. La pièce ne se voit pas de l’extérieur et soutient le tissu fatigué.
Et quand le trou est vraiment grand ?
Au-delà d’un petit accroc, il faut une vraie pièce cousue. Sans machine, on l’épingle sur le trou, puis on la coud tout autour au point arrière, un point qui revient sur le précédent.
Pour voir le geste en détail, j’ai lu la page de Belle Bobine qui explique comment réparer un trou dans un jean. Elle distingue la reprise, qui reconstitue le tissu avec du fil, pour un petit trou, et la pièce pour un grand.
Si l’aiguille vous fait peur, il existe un coup de pouce : chez un réparateur labellisé, le Bonus Réparation retire 7 euros de la facture pour un trou ou un accroc, dans la limite de 60 % du prix de la réparation.
Les adresses des réparateurs labellisés sont sur le site de Refashion.
Pantalon trop court : on le rallonge ou on le transforme ?
Regardez d’abord à l’intérieur du bas de jambe. S’il reste du tissu replié dans l’ourlet, on peut gagner un peu de longueur.
On coupe les fils de l’ourlet avec un découd-vite (un petit crochet pointu vendu en mercerie) ou de petits ciseaux, sans toucher au tissu. Puis on replie le bas à la nouvelle longueur et on marque le pli au fer.
L’ancien pli reste souvent un peu visible.
Pour fixer ce nouveau repli sans fil, il y a la bande thermocollante, 3 cm de large pour un jean. On la glisse dans le repli, on pose un linge humide dessus, comme le demandent la plupart des bandes, et on appuie le fer 10 à 15 secondes, vapeur coupée.
Sur un jogging en molleton, le jogging doux en coton, ou un legging en maille qui acceptent le fer, prenez une bande extensible. Une bande classique ne suit pas le tissu qui s’étire.
Et si vraiment le pantalon arrive à mi-mollet, il devient short ou corsaire pour l’été. Les genoux troués disparaissent au passage.
Quand ça ne vaut plus le coup ?
Un pantalon troué à plusieurs endroits, ou trop petit partout, a fini sa carrière chez nous. Je découpe parfois les parties encore belles pour en faire des patchs ou des chiffons.
Le reste part au point de collecte textile, propre, sec et dans un sac fermé. Les vêtements troués et usés y sont acceptés.
Si le sujet vous parle, j’en disais déjà un mot dans mon billet sur la mode enfant qui revient à l’essentiel durable.
Mon petit kit de réparation
- quelques patchs thermocollants, et un ou deux à coudre pour les matières fragiles ;
- des pièces thermocollantes unies pour renforcer l’intérieur des genoux ;
- une bande thermocollante pour ourlet, et une extensible pour la maille ;
- du papier cuisson et un torchon fin ;
- une aiguille, du fil assorti, des épingles et un découd-vite ;
- une petite paire de ciseaux ;
- le fer à repasser, rangé hors de portée des enfants.
Tout tient dans une boîte à chaussures. Et la prochaine fois qu’un genou rend l’âme, vous saurez quoi faire avant de passer en caisse.